Le silicone : faut-il s’en méfier ?
Ce focus est destiné à comprendre si le silicone est une alternative saine au plastique.
FOCUS
Genèse
Grâce à sa souplesse, sa résistance aux températures élevées et ses propriétés antiadhésives, le silicone est largement utilisé dans les ustensiles de cuisine, les moules à pâtisserie, les tétines, les joints, les dispositifs médicaux ou encore les cosmétiques.
Sa fabrication
Il est un matériau synthétique fabriqué à partir du silicium, lui-même obtenu chimiquement à partir de la silice présente dans le sable (quartz). Au cours de sa fabrication, le silicium réagit avec du chlorure de méthyle (chlorométhane). Bien que la majeure partie soit consommée au cours de la réaction chimique, des traces résiduelles peuvent exceptionnellement subsister dans le matériau final. Le procédé de fabrication est encadré par la réglementation applicable aux matériaux destinés au contact des aliments, qui impose que les substances susceptibles de migrer vers les aliments ne présentent pas de risque pour la santé. Les fabricants doivent donc respecter des exigences de sécurité et de migration lors de la mise sur le marché.
Enfin, selon l’usage et la forme souhaités du silicone, des additifs chimiques et des pigments peuvent être ajoutés lors de la fabrication.
Une surveillance et une réglementation progressive
Les connaissances scientifiques ne permettent pas encore de conclure de manière définitive sur les effets sanitaires de l’ensemble des silicones.
Le silicone est donc un polymère constitué d’une succession de liaisons chimiques appelées siloxanes. Il existe de nombreux siloxanes, dont certains font l’objet d’une surveillance particulière en raison de leurs potentiels risques sur la santé ou l’environnement.
Sur le plan alimentaire, une étude a montré que la migration des siloxanes augmente avec la teneur en matières grasses des aliments [1]. Cette migration varie selon le type et l’état du silicone, la température, la teneur en matière grasse et la durée de contact. Aucun risque sanitaire n’a toutefois été démontré.
D’autre part, certains siloxanes (notamment D4, D5 et D6), utilisés en cosmétique sont progressivement restreints en Europe en raison de leur persistance dans l’environnement et des potentiels effets sur notre santé. Ces derniers peuvent être rejetés dans l’air et dans les eaux usées lors de leur utilisation. Ils sont également peu biodégradables compte tenu de leur grande résistance : un point commun non négligeable avec le plastique.
Le siloxane D4 est notamment interdit dans certains produits cosmétiques rincés depuis le 1er janvier 2022 et les restrictions ont ensuite été étendues à d’autres catégories de produits cosmétiques car il est suspecté d’être un perturbateur endocrinien. [Règlement Européen relatif aux produits cosmétiques (CE) n°1223/2009].
Les siloxanes D5 et D6, quant à eux, ne pourront être commercialisés dans certains produits cosmétiques si la concentration en poids de la substance concernée est égale ou supérieure à 0,1% à partir du 06 juin 2026 dans le cadre d’un nouveau réglement adopté par l’UE.
Conclusion
A ce jour, aucune étude ne démontre clairement un effet nocif des silicones solides utilisés dans les ustensiles alimentaires sur la santé humaine. En revanche, certaines incertitudes persistent concernant certains siloxanes et leurs effets à long terme sur la santé et l’environnement. Dans ce contexte, chacun peut choisir d’appliquer le principe de précaution lorsqu’il existe des alternatives simples dont les effets sur la santé sont aujourd’hui mieux documentés (inox, verre…).
Références
Commission européenne. Food Contact Materials Legislation
Agence européenne des produits chimiques (ECHA)
Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA)
Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail
