Les impacts du plastique sur l'environnement, le climat et notre société

Découvrez les impacts du plastique sur la santé, l'environnement et le climat. Micro-plastiques, nano-plastiques, pollution, risques sanitaires : un guide complet pour comprendre et agir.

FOCUS

4/8/20269 min read

Genèse

Depuis les années 50, la production de plastique a connu une croissance exponentielle. Son utilisation s’est généralisée grâce à ses nombreuses propriétés : légèreté, solidité, malléabilité, faible coût de production, résistance à l’eau, au feu et aux rayons UV.

Issu de l’industrie pétrochimique (principalement du pétrole), le plastique est aujourd’hui omniprésent dans notre société, sous des formes visibles invisibles. Nous manipulons et inhalons quotidiennement des milliers de particules de plastique [2], en grande majorité des nano et micro particules de plastique.

Les petites particules de plastique les plus préoccupantes sont les micro-plastiques, mesurant de 5 mm (taille d’un pépin de pommes) jusqu’à 1 micromètre (taille d’une bactérie, soit 5 000 fois plus petit), soit encore 70 fois plus petit que l’épaisseur d’un cheveu. [3]

En dessous, nous parlons de nanoplastique. Ce dernier serait un million de fois plus petit qu’un grain de sable, 5 à 50 000 fois plus petit que les cellules de notre corps. Leur taille si petite augmenterait leur dangerosité. [3]

millions de tonnes de plastique produits chaque année
(x 230 entre 1950 et 2019).
Ce chiffre devrait tripler d’ici 2060. [1]

460

Chaque emballage plastique porte généralement un numéro, en général sous le produit. Un système de code à 7 chiffres permet d’identifier le plastique utilisé. Chaque code désigne une résine polymère plastique spécifique, sauf le 7 qui regroupe plusieurs types de plastique. Ces codes ne garantissent ni la recyclabilité, ni la toxicité et ni la sécurité malgré leur logo sous forme de flèches !

Les matières plastiques sont constituées d’une résine (polymère). Les additifs y sont ajoutés afin de rendre au matériau une caractéristique particulière, soit le transformer ou le rendre moins cher (plastifiants, charges, colorants, ignifugeants, stabilisants…). Ces additifs seraient problématiques compte tenu de leur libération lors de leur dégradation (force mécanique, chaleur, UV, eau…).

En effet, chaque plastique ne présente pas la même toxicité. Certains polymères sont considérés comme relativement inertes, mais leur innocuité dépend également des additifs incorporés et des conditions d’utilisation. D’autres libèreraient des phtalates, du bisphénol A, du styrène et d’autres perturbateurs endocriniens.

Les monomères et les additifs peuvent migrer vers l’aliment et peuvent avoir des conséquences sanitaires.

Où retrouve-t-on les plastiques ?

La liste est immensément longue mais elle mérite d’être présentée :

  • Notre alimentation : fruits et légumes, même vendus en vrac (car les sols et l’eau sont également pollués), produits emballés…

  • Tissus synthétiques : habillement, rideaux, moquette, tapis...

  • Matériel de bricolage et industriel : isolants électriques (câbles), lubrifiants, mastics et colles, joints de plomberie, anti-mousses, vernis, anti-adhésifs

  • Décoration et ameublement : canapés, rideaux, tapis, mobiliers divers…

  • Matériel et ustensiles de cuisine : spatules, films plastiques, tupperware...

  • Secteur de la mobilité : pièces automobiles, pièces de vélo, fauteuils des transports en commun...

  • Secteur informatique : les déchets électroniques, riches en plastique, constituant un problème particulièrement préoccupant.

  • Puériculture : jouets, tapis d'éveil, matelas à langer, alèses, cosy, poussettes...

  • Secteur administratif : traitement des textiles et papiers, accessoires de mode, shampooing, après-shampooing.

35 à 40%

de la production actuelle de plastique sont des plastiques à usage unique.
C’est le secteur du plastique dont la croissance serait la plus rapide. [1]
Le plastique dans l’environnement

Les plastiques contaminent les milieux aquatiques (marins et d’eau douce), terrestres et atmosphériques à l’échelle mondiale. Une quantité immense de particules est en suspension dans l’air. La peinture de nos bâtiments est la première source d’émission dans le monde avec 4,6 millions de tonnes de microplastiques par an. La deuxième source d'émission de GES sont les pneus de nos véhicules [3].

Le lavage de nos vêtements synthétiques ont un impact considérable lors chaque cycle de lessive. Finissant dans les eaux usées, les microfibres polluent nos eaux douces malgré une partie filtrée par les stations d’épuration. Une autre partie finit dans les boues d’épuration, servant comme fertilisants agricoles (sans compter les serres et les bâches de sol). [3]

Les plastiques les plus retrouvés dans l’environnement sont le polyéthylène (bouteilles en plastique), le polypropylène (boîtes en plastique alimentaires) et le polystyrène (composant des emballages).

Tous les plastiques ne sont pas recyclables et polluent donc longtemps notre environnement.

700 000

micro-plastiques par jour seraient inhalées par un adulte selon son environnement intérieur [2].

71 000

microfibres libérés à chaque cycle de lessive rempli de vêtements synthétiques [3].

70%

de nos déchets finissent en décharge ou dans la nature [3].

des plastiques finissent dans les océans

10%

Très énergivore, la fabrication du plastique contribue fortement au changement climatique. Ce secteur serait responsable d’environ 3,7 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, soit davantage que celles du Brésil. Ce chiffre devrait atteindre 4,5 % d’ici 2060 [1].

Le plastique dans nos maisons

Une quantité énorme de microplastiques est en suspension dans l’air de nos intérieurs. Ces résultats suscitent des inquiétudes chez les scientifiques quant à leur impact sur notre santé humaine.

Concernant les microplastiques de taille entre 1 à 10 µm et capable d’être inhalés facilement jusqu’à nos poumons, une étude a montré qu’il y en avait 528 par m3 dans nos habitations (majoritairement du polyéthylène (PE)) et 2 238 par m3 dans nos habitacles de voiture (polyamide (PA)), soit plus de 4 fois plus !

Enfin cette même étude a démontré qu’un adulte inhalerait 3 200 micro-plastiques par jour (10-300 µm) et 68 000 micro-plastiques par jour (1-10 µm). [2]

11

micro-plastiques par litre libérés dans un biberon en polypropylène (code 5) avec une eau à 20°C, A CHAQUE UTILISATION.
A 95°C, c’est jusqu’à 55 millions par litre ! Sans compter le fait de secouer le biberon… [3]

600 000

milliards de micro-plastiques libérés lors d'une infusion d'un sachet de nylon ou de PET dans une eau à 95°C.

3 à 14

millions de particules libérés lors d'un cycle d'ébullition d'une bouilloire en plastique.

Entre 360 000
et 780 000

micro-plastiques sont émis lors de l'utilisation d'un blender [1].

Au-delà de la chaleur et de l'action de l'eau, une simple action mécanique suffit à libérer des microparticules de plastique. A titre d'exemple, un simple coup de couteau sur une planche en plastique en libère plusieurs millier [3].

Sans compter le matériau plastique lui-même, il libère également des substances chimiques toxiques, tels que des additifs et produits chimiques, également toxiques pour notre environnement intérieur et notre santé.

Votre décoration, vos mobiliers, vos choix de tissus, de revêtement divers et de lessive ne sont donc pas à prendre à la légère. Concernant la voiture, l’aérer au maximum est fondamental pour limiter l’exposition des microparticules, bien qu’ils finissent dans l’air extérieur. La concentration de microplastiques en suspension à l’intérieur des bâtiments serait 8 fois supérieure à celle de l’extérieur. Quant à la concentration de poussières de microplastiques déposées à l’intérieur, elle serait 30 fois supérieure à celle de l’intérieur. [2]

Les effets sur la santé

Le plastique : perturbateur de notre microbiote intestinal

Un français ingérerait chaque mois 1,8 g de plastiques sous formes de micro et nano plastiques. [3]

Le microbiote intestinal assure un rôle immunitaire. Des études ont révélé qu’en présence d’une exposition au plastique, une augmentation de bactéries pathogènes a été révélée ainsi que celle d’un type de métabolite, marqueur de certaines pathologies digestives. L’activité du microbiote se déséquilibre, que l’on appelle la dysbiose. Cette dernière est associée à l’apparition de maladies graves : obésité, maladie de Crohn, cancer colorectal… [3]

Les patients atteints de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin ont plus de microplastiques dans leur côlon que les patients sains. [3]

“Le plastique n’est dangereux que lorsqu’il devient invisible” Nathalie Gontard

Système neurologique et endocrinien

Les données actuelles indiquent que les additifs plastiques perturberaient le système endocrinien et augmenteraient le risque de troubles neurodéveloppementaux, mais aussi d'obésité, de maladies cardiovasculaires, de maladies rénales et de cancers [1].

Système respiratoire

Plus la concentration de micro-plastiques est élevée, plus la fonction respiratoire serait mauvaise avec un taux élevé d’obstruction des bronches. Plus les particules sont fines, plus elles pénètrent profondément dans les poumons [2], pouvant provoquer des problèmes respiratoires (inflammation, affection chroniques (bronchite, asthme, bronchopneumopathies obstructives) [3].

Ce n’est pas tout, les additifs libérés par les micro-plastiques sont susceptibles de perturber les fonctions endocriniennes et d’accroître le risque de maladies telles que le cancer [2].

Système cellulaire

Les chercheurs ont réussi à démontrer que nos cellules contenaient des nanoplarticules de plastique, ce qui soulève des questions quant à leur impact de ces dernières sur le comportement ou la santé de nos cellules.

Les macrophages, qui sont un type de globules blancs, jouent un rôle essentiel pour combattre certaines maladies infectieuses, en détruisant les agents pathogènes. Dans le cas des nanoparticules de plastiques, les macrophages en sont incapables. Plus l’organisme est contaminé, plus les macrophages internalisent et s’accumulent de nanoparticules en leur sein, menant à une surchage de ces cellules immunitaires, et donc à une baisse de leur efficacité immunitaire, pouvant potentiellement engendrer des maladies chroniques.

Enfin, les chercheurs ont révélé que les nanoparticules de plastiques accroitraîent le stress oxydatif de notre corps, provoquant une toxicité au coeur de notre ADN. En effet, les nanoparticules sont capables de casser des brins d’ADN et donc, de provoquer de multiples mutations génétiques, et d’engendrer des cellules tumorales. Une étude in vitro, les nanoplastiques, en particulier de PET, constituent un agent qui peut être cancérigène. [3]

Maternité et grossesse

Microparticules de plastique dans le placenta, notamment des particules de propylène dans la partie maternelle et fœtale du placenta, dans l’utérus, dans le liquide amniotique, dans le méconium (les selles du foetus). Les microplastiques ont donc franchi la barrière placentaire. (ARTICLE DEDIE)

Les additifs plastiques augmenteraient le risque de naissances prématurées, de malformations congénitales de l’appareil reproducteur masculin et d’infertilité [1].

L'impact économique et social

N’oublions pas que ces nombreux impacts sanitaires ont des conséquences directes sur notre économie. En 2015, les coûts sanitaires liés à la production de plastique seraient estimés à plus de 250 milliards de dollars internationaux à l’échelle mondiale [1].

L’impact carbone de l’impact du plastique est aussi considérable. Générant des émissions de gaz à effet de serre (GES), le coût annuel de ces émissions de GES serait estimé à 341 milliards de dollars internationaux en 2015 [1].

La production de plastique engendre aussi des conditions de travail précaire des travailleurs ainsi que des risques sanitaires forts. Quant à la recyclabilité des plastiques, ils sont envoyés vers les pays à faible revenu. Bien que certains citoyens vivent du recyclage de ces décharges à ciel ouvert, ils sont les premiers impactés de ces déchets massivement entreposés chez eux.

Conclusion

Cet article a pour vocation de prendre conscience de l’usage du plastique dans notre quotidien mais aussi de prendre conscience de son impact plus large malgré que nous en soyons pas directement les responsables.

Désormais, nous savons que nos modes actuels de production, d’utilisation et d’élimination du plastique ne sont pas durables. Nous savons qu’ils sont responsables de dommages importants pour la santé humaine, l’environnement et l’économie, ainsi que de profondes injustices sociales.

Comment agir ?

Réduire notre consommation de plastique ne consiste pas à rechercher la perfection. Chaque objet évité, chaque habitude modifiée et chaque choix plus durable contribue à diminuer notre exposition, à préserver les écosystèmes et à encourager une transition vers une société moins dépendante du plastique.

Quelles actions sont possibles ?

  • Réduire notre achat de plastique sous diverses manières : courses, choix de textiles durables et vertueux, produits ménagers sains

  • S’engager dans des associations de réduction des déchets ou de protection des milieux naturels

  • Communiquer et sensibiliser autour de soi ce sujet particulièrement important.

Pour terminer sur note positive, je citerai deux citations, retenez celle qui vous plaît :

« Pour provoquer le changement, il ne faut pas avoir peur de faire le premier pas. »
Rosa Parks

« Chaque individu compte. Chaque individu a un rôle à jouer. Chaque individu fait une différence. »
Jane Goodall

Mes ressources

[1] The Minderoo-Monaco Commission on Plastics and Human Health, 2023

[2] Human exposure to PM10 microplastics in indoor air, 2025

[3] Arte Reportages : Homo plasticus, l’invasion silencieuse des microplastiques

INRS. Produits de dégradation thermique des matières plastiques. Cahier des notes documentaires – Hygiène et sécurité du travail, N°174, 1999